Géographie et géologie
Située en haute Provence, à deux heures de Marseille ou une heure et demi d’Aix en Provence, la montée de Lure est un massif qui s’étale sur 50 km d’est en ouest. Sœur géologique du Mont Ventoux, elle culmine à 1826 m. Son sommet se situe à 40 km à l’est de celui du Ventoux et à 40 km au nord de celui du Luberon.
Avec ces deux autres massifs, elle fait partie des grands chaînons pyrénéo-provençaux qui s’érigèrent antérieurement aux Alpes. Elle est composée principalement de terrains calcaires et marno-calcaires appartenant au Crétacé. De part cette composition, elle est très pauvre en eau, ses sources disparaissant en profondeur.
Histoire
Au XIIe siècle, les moines chalaisiens y fondent l’Abbaye de Notre Dame de Lure, haut lieu de pèlerinages religieux.
Au XVIIe siècle déjà, le Belge Godefroid Wendelin, précurseur de l’astronomie moderne, remarque et explore la pureté de son ciel. Une stèle lui est aujourd’hui dédiée.
Au XVIIIe siècle, les herboristes parcourent Lure et récoltent de très nombreuses plantes aromatiques et médicinales à partir desquelles étaient fabriquées des « drogues », remèdes traditionnels qu’ils colportaient à travers le pays et au-delà.
Au siècle suivant, des Piémontais ont trouvé refuge dans ses combes pour exploiter le bois afin d’en faire du charbon grâce à la technique des « charbonnières » dont certains vestiges existent encore aujourd’hui.
Plus près de nous, dans les années 1930, Giono reçoit ses amis penseurs dans une bergerie du Contadour, l’une des célèbres bergeries en pierre sèches, et aime à s’inspirer des paysages et habitants de Lure.
Présent
Montagne de toutes les saisons et de toutes les passions !
Toute l’année, rendez-vous des randonneurs pédestres, équestres ou vététistes : au printemps pour profiter du réveil et du bourgeonnement de la végétation subalpine et de la flore exceptionnelle, en été pour bénéficier de la fraîcheur d’altitude, en automne pour goûter la douceur et les colorations de saison, et en hiver pour s’adonner aux joies de la raquette à neige !
La neige hivernale permet aussi de découvrir les joies de la luge ou du ski grâce à une micro station de ski familiale et ouverte à tous.
Mais pour mieux partager les plaisirs de Lure sachez que c’est une zone naturelle sensible : tout en offrant les pâturages au pastoralisme encore très présent, elle abrite des espèces protégées telles que le lys martagon ou la vipère d’Orsini.
Enfin, avec une montée lente et régulière, la route départementale 113 se prête parfaitement à une ascension cycliste. Alors, pourquoi ne pas tenter le challenge de Lure ? Vous y parviendrez et que vous profiterez ainsi des magnifiques panoramas qui vous sont offerts en récompense !
vue panoramique sur la plaine
Au détour d’un virage, par temps clair, vous pouvez bénéficier d’une vue imprenable sur le territoire de la communauté de communes. A vos pieds, le village de Saint-Etienne-les-Orgues, chef lieu de canton, connu pour sa foire de l’herboristerie qui a lieu le 14 juillet de chaque année. A l’origine, Saint-Etienne-les-Orgues était constitué de deux villages, les Orgues près de la rivière de la Laye et Saint Etienne, en face. Ce n’est qu’au XVIIe siècle que les deux villages se réuniront.
Sur votre gauche, à l’est, le village de Cruis, classé Village et Cité de Caractère, célèbre pour sa fête départementale de la musique et dont l’église possède un retable en bois doré à ne pas manquer.
En second plan, au sud est, le plateau de Ganagobie qui surplombe la vallée de la Durance et abrite le Prieuré de Ganagobie. Edifié au milieu du Xe siècle, le cloître et les bâtiments sont actuellement occupés par une communauté de moines bénédictins. On peut toutefois visiter l’église du XIIe siècle pour admirer son portail très ouvragé et les magnifiques mosaïques romanes de son abside.
A gauche du plateau de Ganagobie, apparaît le village des Mées, situé dans la vallée de la Durance. Il est dominé par ses Pénitents, cheminées de fées issues de l’érosion d’une ancienne moraine compactée d’un poudingue. Un sentier de randonnée permet d’approcher ces géants figés.
En descendant la vallée de la Durance vers le sud, on remarque Oraison, où le lac des Buissonnades permet de goûter aux plaisirs de la baignade, puis le Rocher de Volx, sorte de verrou sur la Durance. Sa roche est exploitée pour la fabrication de gravier et il constitue un lieu d’escalade apprécié.
A l’arrière plan, derrière Volx, on distingue le plateau de Valensole, célèbre pour ses champs de lavandin et sa fête de la lavande du mois d’août. Derrière ce plateau, mais hors de vue, se trouvent les gorges du Verdon, le Lac de Sainte Croix et le célèbre village de Moustiers-Sainte-Marie.
Finalement, au nord est, complètement sur votre gauche, vous pouvez observer les Alpes du Sud avec le Cheval Blanc en premier plan.
Abbaye de Notre Dame de Lure
Au XIIe siècle, on assiste à une refondation, par les moines chalaisiens de l’ordre des Bénédictins, de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Abbaye de Notre Dame de Lure, blottie au fond d’une combe de hêtres. A ses côtés se trouve un ermitage. Auparavant, selon Irène Magnaudeix, Sainte Marie de Lure existait déjà. L’architecture de l’abbaye est qualifiée de romane.
Notre Dame de Lure se visite toute l’année, elle se situe sur l’itinéraire du GR6, sentier de randonnée qui escalade la montagne. Elle peut accueillir les randonneurs en son refuge quelque peu sommaire. De Notre Dame de Lure, une balade familiale en boucle d’environ 4 km est balisée. On peut accéder à l’abbaye en voiture en venant de Saint-Etienne-les-Orgues, en empruntant la D113.
Le site est exceptionnel avec, sur l’esplanade devant l’église, de magnifiques tilleuls et un chêne remarquable, probablement des arbres tricentenaires. C’est un havre de paix pour celui qui recherche le calme et la rencontre avec Dame nature, loin des tumultes. Autrefois, les habitants venaient s’approvisionner à sa source cristalline.
Chaque 15 août, un pèlerinage religieux s’y déroule.
la stèle Godefroid WENDELIN
Après la station de Lure, au bord de la route en direction du Pas de la Graille, une stèle se dresse sur la gauche, en mémoire de Godefroid Wendelin, premier astronome de Provence. Ce monument a été inauguré le 22 août 1953 par l’association Alpes de Lumière et la municipalité de Saint-Etienne-les-Orgues.
Né en Belgique, Wendelin a vécu de 1580 à 1667. Son séjour à Forcalquier se déroule de 1604 à 1612 où, jeune professeur de mathématiques, il est le précepteur des deux enfants Arnaud, famille noble de la Cité des 4 Reines. Il a ainsi accès à la très riche bibliothèque de la famille.
Wendelin mit à profit ses années provençales pour approfondir ses recherches en astronomie. Il est le premier, avec Peiresc, son ami, à utiliser des lunettes d'observation du ciel : il en possédait 4 en 1645 ! Il consacre son temps aux observations du ciel, la nuit et le jour, ainsi qu’aux phénomènes météorologiques du sommet de la montagne de Lure.
En 1612, Wendelin retourne à pied en Belgique. Il est ordonné prêtre à Bruxelles en 1620. Cependant, jusqu’à sa mort, il poursuivra ses recherches dans le domaine de l’astronomie et des sciences naturelles. Il fut en relation avec les meilleurs savants de l’époque, notamment Gassendi qu’il avait fréquenté lors de son séjour provençal.
Cette stèle est une invitation à venir observer le temps d’une soirée le ciel figurant parmi les plus purs d’Europe.
“La fenêtre”
A cet endroit, le GR6 et la D113 se rejoignent. La route rejoint la crête de la montagne et offre, aux automobilistes comme aux randonneurs, une vue extraordinaire sur toute la vallée du Jabron et un panorama grandiose qui se déploie sur 360°. Par grand vent, il est d’ailleurs recommandé de bien se couvrir et bien se tenir pour ne pas se laisser emporter !
Avec ce paysage magique, on peut observer les différents étages de végétation, de subméditerranéenne à alpestre. C’est le versant nord (appelé aussi ubac) qui est devant nous, plus humide, plus froid, et qui offre des variétés botaniques moins méditerranéennes. La sapinière y est très développée. Adossé au flanc nord de la montagne coule le Jabron qui peut revêtir des allures torrentielles.
« De cet endroit, le regard se tourne vers le nord-nord est avec les sommets enneigés de la Barre des Ecrins et à leur droite le massif du Queyras et de l’Ubaye. Vers l’est, c’est le côté Italie, l’entrée du Gorges du Verdon, puis, vers le sud sud-est, on devine la Sainte Baume, la Sainte-Victoire et en avant, le Luberon, et au sud-ouest, les Monts de Vaucluse. A l’ouest le Ventoux qui semble prolonger la chaîne de Lure et, au-delà, les Cévennes et si le temps est très clair, on remarque les monts du Vivarais. Au nord-ouest enfin, les Baronnies, alignant leurs multiples petites montagnes. » Guy Barruol, Encyclopédie de la montagne de Lure, édité par Alpes de Lumière.